Village de Fourques 66

Histoire

REVUE CATALANE ANNEE 1907

Tous les villages anciens portant le nom de villa. Que faut-il entendre par ce mot ?
La villa comprenait d’abord la maison du maître, du seigneur local.

Autour de la maison s’élevaient les dépendances, celliers, étables, granges, etc.… et même la chapelle desservie par un prêtre.
Venaient ensuite les terres en tenure: « Villare », distribuées en manses de serfs et des colons. Par la suite, d’autres maisons se sont groupées autour de la villa primitive, pour former un village.

FOURQUES s’est trouvé dans ces conditions.

 

Les premières traces de l'habitat dans les Aspres 

Depuis les monts de l'Aspre jusqu'au sud de l'Aude, moutonne une chaîne de petites collines arides, ce sont les garrigues.

Là le paysage paraît ne pas avoir subi de grandes modifications depuis l'Antiquité : rochers dénudés où erre le mouton, bois de pins, bouquets de chênes verts, landes couvertes de bruyères  et de broussailles, sont déjà signalés dans les textes anciens.

L'homme s'est établi de bonne heure en Roussillon. Les plus anciennes traces de son occupation ont été relevées dans les cavernes qui se creusent aux versants des hautes vallées du Tech et de la Têt.

 Période mégalithique  de 5000 à 2000 ans  Av J.C

De cette période on trouve quelques  mégalithes (dolmens, tumulus) dans le bassin du Réart :

  • A Prunet (col du Fourtou)
  • A Mirmande, près de Terrats ,
  • A Tordères, Llauro et Oms (col d'Oms)

D'autres monuments megalithes s'échelonnent dans la vallée

  • au Pla Guillem
  • au Clot de la llosa
  • à Taulis, Batère et Arles

Période de l'âge du Bronze de 2000 à 1200 ans Av JC.

Pendant cette période et durant de longues années, il y avait déjà unité de civilisation sur les deux versants des Pyrénées. Des échanges avec l' Ibérie ( Espagne ) existaient notamment entre  les Ibères et les Ligures .

Les Ibères et les Ligures sont des civilisations méditerranéennes directement dérivées des cultures de l’âge des métaux. Des récits antiques nous les décrivent comme deux peuples distincts avec des territoires précis, cependant sur le plan archéologique la séparation est moins nette. Certes ils ont évolué de manière différente, en particulier au niveau de la langue, mais sont issus d’un même fonds indigène.

Les Ibères,  sont une population sédentaire, regroupée en sites fortifiés et pratiquant un artisanat métallurgique et céramique de qualité dont certaines influences viennent de l’autre côté des Pyrénées.

Les Ligures leur position géographique les place plus vite au contact des Grecs et des Étrusques, ils développent ainsi une culture plus avancée et plus raffinée. Ces peuples resteront actifs jusqu’à la fin du Ve siècle av. J.-C.

Une autre tribu, la tribu des Sordes tient la route du Perthus et les vallées qui mènent aux divers cantons de la montagne .

La partie de la plaine , comprise entre l'arrosage actuel de Thuir et le cours inférieur du Réart , se compose d'une série de mamelons peu élevés qui descendent depuis Sainte Colombe et vont mourir dans les lagunes de Canet.

Ces petits plateaux ,allongés, séparés par des ravins aux pentes abruptes forment une suite de positions stratégiques pour ces populations de l'Antiquité.

Référence bibliographique :Antiquité  du Roussillon Raymons Lantier

Les Romains s'établissent  en 121 av.J.C, dans le pays languedocien.

Trois ans plus tard, ils fondent la colonie de Narbo Martius et la conquête du Roussillon suit celle de la Narbonnaise.

Durant 5 siècles le pays va connaître, dans la paix romaine, une ère de prospérité remarquable.

Le Roussillon forme déjà une unité territoriale ayant une existence économique qui se suffit à elle-même.

Le territoire alors occupé par les Sordes et les Cérètes correspond dans ses grandes lignes au département actuel.

Référence bibliographique: « Antiquités du Roussillon » de Raymond Lantier

Qu'en est il de la «  Villa Forças  » Furchas, Forças, 844, 994. Eglise Saint-Martin, 1074. mentionnée pour la première fois en 982 ?Une donation de Lothaire (roi des Francs )en faveur de Saint-Pierre de Rodes, en 982, mentionne la villa Forças cum ecclesia sancti Michaelis.

 

Les antécédents des villages sont mal connus. Beaucoup de toponymes villageois actuels apparaissent sous une forme voisine dans les documents carolingiens (IXe et Xe siècles), parfois déjà associés à une église, devenue par la suite chef-lieu de paroisse.  Les termes de villa, villacula, villare, qui les accompagnent n’apportent guère de précisions quant à leur importance et à leur forme. Il faut certainement imaginer un habitat peu concentré, en petites unités, de construction assez précaire, non loin de l’emplacement d’anciennes villae antiques, des lieux de culte et des points de passage, carrefours ou gués.

En effet

La plupart des villages anciens portent le nom de villa. Que faut-il entendre par ce mot ?
La villa comprenait d’abord la maison du maître, du seigneur local.

Autour de la maison s’élevaient les dépendances, celliers, étables, granges, etc.… et même la chapelle desservie par un prêtre.
Venaient ensuite les terres en tenure: « Villare », distribuées en manses de serfs et des colons. Par la suite, d’autres maisons se sont groupées autour de la villa primitive, pour former un village.

 Qu'entend-on par manses de serfs et de colons :

L'institution du manse, qui connut son plein essor à l'époque carolingienne, était destinée à assurer la mise en valeur d'un domaine dans un monde qui ignorait presque totalement le salariat et dans lequel l'esclavage de type antique était en régression.

Une partie d'un domaine était fractionnée en manses, unités de culture (maison, jardin, vigne, terres arables et usage des communaux) confiées à perpétuité à des familles paysannes et en principe suffisamment vastes pour assurer leur subsistance ; en échange, ces paysans devaient, par des corvées, cultiver le lot de terre que se réservait le propriétaire.

La superficie de ces manses, dont la moyenne s'établissait entre dix et vingt hectares, variait suivant les domaines et suivant la condition juridique de leurs tenanciers :

  • les manses « ingenuiles », tenus par des paysans libres, sont toujours plus grands et doivent des corvées saisonnières
  • les manses « serviles », moins nombreux et plus petits, sont attribués à des serfs et entraînent des corvées beaucoup plus lourdes.
  • Quant aux manses « lidiles », de surface intermédiaire, on suppose qu'ils étaient confiés à des affranchis.

Les charges du manse consistaient donc en l'entretien de la « réserve » du maître, soit collectivement sous la direction d'un régisseur, soit par l'attribution de parcelles dont tous les revenus allaient au seigneur. De faibles redevances en espèces ou en nature pouvaient s'ajouter à ces prestations

Le manse apparaît donc non seulement comme une unité de culture, mais aussi comme une unité de perception et de réquisition.Ce double aspect de l'institution se détériora dès le IXéme siècle et amena la disparition du manse dans le courant du XII ème siècle 

Référence bibliographique : Revue PERSÉE  " article  manses début du IXème siècle"

Durant cette période les biens changent de propriétaires et les villas ( ancien nom pour village) sont vendues ou concédées avec leurs terres et les habitants , par les comtes  qui se succèdent ou  à d'autres seigneurs et abbayes ou ecclésiastiques .

Une donation de LOTHAIRE ( roi Franc ) en faveur du monastère de Saint Pierre de RHODES, datée de 982, signale la villa de FORCAS avec une église dédiée, à Saint Michel : » Villa Forcas cun églésia Santi-Michaelis «

En latin: furca, en roman: forc, en catalan: forca (au singulier) et forques (au pluriel), tous ces vocables signifient fourche ou embranchement.

«   Forcas est décrit alors comme un  village planté au sein de petites collines où se côtoient des vignes opulentes et des bosquets d’oliviers. »

 

En 844: Berà ,  Comte de Conflent, et de Rasès, hérite des lieux de Forcas par succession familiale.

En 845: ARGILA   son fils ,  vend la villa de FORCAS.

Vers  850: une charte royale adressée au monastère de Saint Hilaire de CARCASSONNE, signale la même localité : «  et alia cella est in monte Furcato ubbi est ecclésia constructa in honore Sancti Martini  » . Cette fois il n'est plus mention d'une église dédiée à Saint Michel mais à Saint Martin , nom de l'église actuelle de Fourques.

En 982:Donation de la Villa Forcas au monastére de  Saint Pierre de Rhodes

En 993: Le terroir de FOURQUES appartient alors à l’abbaye d’ARLES, l’abbé de ce monastère était également seigneur de TORDERAS.

" la comtesse Ermengarde, fille de Gausbert comte du Roussillon, veuve d’OLIBA-CABRETA comte de Cerdagne , n’était pas d’accord avec l’abbé du monastère d’ARLES , sur les limites du fief de Tordères . Pour mettre fin au différent, on consulte les vieillards de Forcas et de Tapias. Les témoins se réunissent dans l’église de Saint Martin de LLAURO, et prêtent serment sur les reliques des Saints martyrs Abbon et Sennen.''

références bibliographiques :Pouvoir et parenté des comtes de la Marche hispanique (801-911)

 C'est aussi l'époque de l'importance des églises et du pouvoir des ecclésiastiques :

 En 1116 lorsque Pierre, évêque d’Elne, consacre l’église de TORDERAS,  église dédiée à Saint Nazaire, le clergé de Saint Martin de FOURQUES assiste à la cérémonie. Ce clergé comprenait le curé Etienne ARNALDE et le vicaire GERALD.

La construction de la Cellera de Fourques :

 L'abbé d'ARLES désire construire une cellera fortifiée pour abriter et protéger les récoltes

  • En 1188, Alphonse, roi d'Aragon, autorise l'abbé d'Arles à édifier une fortification à Fourques .
  • En 1193, GAUSBERT, vicomte de CASTELNOU, lui donne aussi les pleins pouvoirs .

L'enceinte de la cellera fut donc construite avec des rues orthogonales contrairement à beaucoup de celleres construites en rues concentriques.

  • L’enceinte de castrum était carrée et percée de nombreuses meurtrières. Des fossés profonds l’isolaient complètement.
  • La porte d’entrée, munie de claveaux en marbre, avait pont-levis, herses et mâchicoulis. Elle se trouve à l’angle de la place publique.
  • Toutes les maisons de la localité, étaient enfermées dans l’enceinte. En cas d’attaque, on pouvait se défendre avec avantage.
  • Ces fortifications ont donné le nom de « château » à cette partie la plus ancienne de notre village
  • Toutes les récoltes étaient stockées à l'intérieur de l'enceinte , elles étaient donc protégées . L'abbaye d'Arles possédait à l'intérieur du castrum  une maison où les tenanciers de ses vignes venaient apporter la tasque  : ce qui permettait à la fois de protéger les récoltes mais aussi de  contrôler  les apports de récoltes et des impots à l'abbé qui les prélevait.
  • Plus tard des maisons furent construites en dehors  du castrum. Le village s'est agrandi .Elles étaient placées « dins lo barrys del lloc  ».
  • L’église déjà existante est à l'extérieur du castrum , ce qui n'est pas toujours le cas dans beaucoup de celleres du Roussillon . ( exemple Pézilla)
Références bibliographiques : Presses universitaires de France : Fourques  Roussillon

Les Templiers forment un ordre religieux et militaire qui a été fondé en 1118, à Jérusalem, par le chevalier Hugues de Payns.

Les Templiers avaient pour but de défendre les croyants, en pèlerinage vers la Terre Sainte, des assauts des Sarrasins. Grâce aux dons des seigneurs et bourgeois inquiets pour leur survie pendant le voyage, les moines-soldats s'enrichirent rapidement et abondamment.

A la fin des croisades, à la suite de la reconquête de la Palestine par les musulmans, ils s'installèrent  définitivement sur leurs possessions européennes .

Le Mas Deu est la maison du Temple la plus importante en Roussillon :

Le 12 des calendes de Mars 1226 Bérenger de Castelnou qui avait des biens dans le territoire de Saint Martin de Fourques, à l’endroit appelé « Villarium Dabret », les donne à la milice du Temple.

le 4 des calendes d'août, une veuve nommée « Azalaïdis » donna à la sainte milice, avec l'assentiment de ses trois fils et de son gendre, un alleu ( terre libre exempte de droits féodaux ) situé au lieu-dit «Cira» dans les territoires d'Anyils et de « Vilamulaca »
L'alleu de Cira prit bientôt le nom de Mas-Deu (Maison-Dieu) et devint la commanderie principale et centrale de la contrée. Fourques dépendait de cette commanderie.

Au début du XIIIe siècle, les Templiers détenaient de nombreux domaines et châteaux et étaient devenus la première force bancaire de l'époque.

Cependant, leur richesse et leur puissance favorisèrent l'envie et l'inquiétude des rois et du Pape. L’ordre des Templiers était devenu une puissance comparable à un État.

Ainsi, le roi Philippe le Bel ayant besoin d'argent et la Terre Sainte étant perdue, l'ordre n'avait plus de raison de rester en France.

Un arrêté fut donc proclamé et commencèrent les procès contre les Templiers.

Les biens acquis par le Templiers doivent être restitués au Roi de France et les Templiers sont emprisonnés.

Le Temple du Mas Deu se situant sur les terres du Royaume de Majorque, le roi Sanc de Majorque s’opposa au roi de France Philippe le Bel et avec l’aide de l’archevêque de Tarragone il obtint que les Templiers soient absous. Les Templiers catalans se sont retrouvés pour la plupart en état de rejoindre un couvent dans lequel ils devraient finir leur vie (tous n’obéirent pas).

Quant aux Templiers  Chevaliers de l’Ordre, ils reçurent des rentes provenant du Mas Deu 600 sous par an .Vestiges de la commanderie du Mas Deu

Saguardia, maître du Temple de Mas Deu reçut 7000 sous par an et put revenir vivre au Mas Deu avec ses domestiques, frère de l’archevêque de Tarragone, il vit jusqu’à la fin en membre de de la grande noblesse et tient son rang c’est la monarchie majorquine qu’il fréquente et qui ne l’oublie pas.

On note dans un act, la liste de ceux qui survivaient à l’époque et continuaient à recevoir leur pension de Mas Deu  parmi eux :Bernat de Fourques qui était chevalier de l’ordre du Mas Deu.

Sources: M. Robert Vinas, L'Ordre du Temple en Roussillon. Editions Trabucaîres 1988 - Robert Vinas , Le procès des Templiers ( le cas particulier du Roussillon )

Le pouvoir des Seigneurs et des ecclésiastiques

Des milliers de documents écrits concernant tout l’Occident font état de donations faites aux églises et monastères. Ces sources dévoilent que dons et donations sont faits à Dieu à travers ses représentants sur terre, prêtres et moines. Les archives d’origine ecclésiastique livrent une masse de documents, les « actes de la pratique », où sont consignés les biens ou les droits abandonnés au profit d’une église, d’un monastère.

Concernant le village de Fourques on peut noter :

Raymond Llauro, clerc d’ELNE, n’oublie pas dans son testament l 'abbaye de Sainte Marie d’Arles. Le 5 des ides de mai 1235. Il lui abandonne tout ce qu’il possède dans la paroisse de Saint Martin de FOURQUES.

 On sait que les dons et leur écriture ont lieu au cours de cérémonies publiques, en présence d’une assemblée plus ou moins importante, où se côtoient clercs et laïcs. Les actes de donation sont dictés, lus et entendus; certains sont même rimés, indice de leur oralité.

  Le système bénéficial

La société est organisée en un système particulier, le système bénéficial qui évolue profondément au cours du Moyen Âge. Il est fondé sur le principe d’une « affectation permanente des revenus d’un bien temporel à l’entretien d’une fonction spirituelle »

Dans le domaine religieux, on parle donc de bénéfices majeurs pour désigner épiscopat et abbatiat, normalement soumis à l’élection, et de bénéfices mineurs au sujet des cures, canonicats et priorats, en principe désignés.

A FOURQUES

  • Au commencement du XIV ème siècle, deux bénéfices ont été fondés dans l’église paroissiale .
  • L’un des fondateurs, était Pierre de Villaclara, prêtre également originaire de la même localité.
  • Le 26 juin 1362, le procureur royal accorde à plusieurs prêtres de CERET, parmi lesquels Arnal CALVET et Guillaume CALVET, le pouvoir de composer et d’amortir les revenus de ces bénéfices.
  • Peu de temps après PONS CANOES, fonda également un bénéfice dans notre église .
  • Le 8 Octobre 1440, Jaubert LUPPETI, prêtre de FOURQUES, devenait titulaire de tous ces bénéfices.

Le concept du don pro anima paraît assez simple et clair : il s’agit d’un acte rédempteur. Son but est de mettre en route les mécanismes et les acteurs qui garantissent au donateur sa place dans le Ciel.  exemple:

  • le 13 Décembre 1440, Blanche, épouse de Raymond AUSER, de TORDERES, paroisse de FOURQUES, désigne pour lieu de sépulture le cimetière de Saint Martin et lui laisse un sou pour les ornements de l’autel de la Sainte Vierge.
  • Le 7 Mars 1443, Bernard CONIL, déclare aussi qu’il veut être enterré dans le cimetière de Saint Martin. Il lègue donc un petit revenu au bénéfice fondé par PONS CANOES.
  • Au mois de Décembre 1449, Jaubert LUPPETI, possédait encore un bénéfice.

Il eut des difficultés avec le curé de la paroisse à propos d’une cérémonie publique où le curé revendiquait ses droits de présence, même dans les cérémonies particulières à chaque bénéfice.

Sur les autres bénéfices, l’accord ne tarda pas à se faire, grâce à l’intervention prudente de Pierre BOYSSI, qui était alors prêtre bénéficier.

  • Trois bénéfices existaient déjà, un quatrième fut établi par Julien DOTRES, prêtre originaire de TORDÈRES.
  • Le 20 Avril 1474, Pierre AGULLO, d’ESTAGEL, fut le patron de ce dernier bénéfice.

Le titulaire percevait le produit de 2 champs, et d’une vigne située dans le voisinage de l’église Saint Nazaire de TORDERES. Celle-ci possédait une chapelle dont le desservant portait le nom du chapelain. A cette dignité étaient affectés des revenus assez importants. Le pauvre à cette époque, est un acteur fondamental de l’échange car il est le véhicule du salut du riche.

Effectivement, dans un passage de la Vie de saint Éloi, écrite dans le premier quart du VIIIe siècle, on souligne que « Dieu aurait pu faire tous les hommes riches, mais il voulut qu’il y ait des pauvres en ce monde, afin que les riches aient une occasion de racheter leurs péchés ».

Par la volonté du Créateur de sauver les riches, la société est fondée sur l’inégalité. Ainsi, les biens dont dispose le riche sont, en fin de compte, le moyen de son salut.

Références bibliographiques : Histoire Universelle moyen âge
https://www.histoire-pour-tous.fr/dossiers/1505-naissance-des-templiers-13-janvier-1129.html
https://theses.univ-lyon2.fr/documents/getpart.php?id=lyon2.2007.chevalier_c&part=129311

 

Jusqu'à la Révolution, le village de Fourques par le pouvoir religieux de sa paroisse connut une grande expansion.

Le 6 Novembre 1546, Jacques CRES, prêtre bénéficier de l’église Saint Jacques de PERPIGNAN, afferme ( obtient avec bail) cette chapellerie à Raymond Solinyac, prêtre à FOURQUES.

 L'histoire du moulin de las Cobas

L’abbé d’ARLES, en sa qualité de seigneur, avait autorisé la construction d’un moulin à farine, dans le territoire de FOURQUES.

Situé au lieu dit Las Cobas, ce moulin existait dès le début  du XIV ème siècle.

 Il était limité : à l'est, par les propriétés de Michel Parahi  de Passa, à l’ouest, par la rivière du Réart.

Le 19 Février 1594 Une reconnaissance féodale de ce moulin, est faite à l’abbé d’ARLES, par Pierre Compta, de FOURQUES .

Le 9 Mars 1671 par Joseph TARDIU, également de FOURQUES.

le 26 Février 1696 Barthélémy TRILLES, paysan de PASSA, acheta ce moulin,, à Emmanuel CAVALLER , pour la somme de 1155 livres.

A cette époque, un fabriquant de tuiles, appelé Georges PORTET, originaire de l’ARIEGE, s’était fixé dans le voisinage de FOURQUES.

Le 2 Février 1698, il vend à Barthémély TRILLES 1150 tuiles pour couvrir la toiture du moulin à

farine de Las Cobas. Le reçu porte la signature des curés  de PASSA et de FOURQUES.

Le curé de la paroisse de FOURQUES avait sous ses ordres un ecclésiastique qui remplissait les fonctions de vicaire. Il y eut donc, à Fourques jusqu’à la révolution,  une petite communauté, composée de quatre prêtres, c’est à dire quatre bénéficiers, y compris le curé et le vicaire

En 1603, un "orenguer" (orpailleur) de Fourques a obtenu  concession pour orpailler toutes les rivières et torrents du Roussillon. Il est plus que probable que ce secteur ait été très visité par cet orpailleur, il y a 4 siècles:
La Canterrane, la rivière de Passa, le Correch d'en Tapies, celui de les Coves, celui de les Guardiesla Joncayrole , la Galsérane, l'Ille, se sont révélés aurifères comme certainement le sont bon nombre d'autres qui alimentent le Réart et ses affluents en métal précieux, par lessivage de l'argile aurifère des Aspres.

Près de Tordères, un filon aurifère est signalé par le BRGM ( bureau de recherches géologiques et minières ) 

Le Réart  draine le pied de la pointe est du massif du Canigou, en particulier le secteur de Llauro et de Montauriol aux noms évocateurs.
Les dépôts d'alluvions caillouteuses qu'il engendre sont très importants. Il termine son cours dans l'étang de Canet, sur le littoral. Comme beaucoup de cours d'eau Pyrénéens, ce torrent charrie de l'or (quand il lui arrive de couler).

L'or du Réart est composé de petits grains et de fines paillettes .

De jolis grains et petites pépites de 2 à 3 mm peu roulés peuvent être récoltés.

Certains portent des traces de gangue quartzeuse rose ou blanche et parfois de rouille. Des paillettes et petits grains de divers alliages d'or sont quelquefois présents : or bicolore , or jaune pâle, or gris, or noir. Plomb détritique, plombs de chasse, magnétite et ferraille sont abondants et accompagnés de zircons micrométriques. On récolte sur certains placers des micro billes de mercure qui s'amalgament aux paillettes une fois dans la pissette. Cette pollution au mercure n'est certainement pas naturelle, elle est le témoignage d'un orpaillage passé important sur les secteurs de Villemolaque et de Fourques.

http://www.orpaillage.fr/sorties/reart.html

Au XIVème siècle, la vaillante population de Fourques rendait un culte particulier à Saint Vincent. On y avait élevé ce martyre, une petite, mais élégante chapelle.
Elle était batie à une faible distance du village, dans un coquet vallon délicieusement abrité ; la rivière du Riu major coulait tout près, au milieu des bosquets, et des roseaux.
Des legs étaient faits à la chapelle St Vincent.

Ainsi, le 11 des calendes de Septembre 1339, P Pelicier de Trulas, laisse 2 sous à ce sanctuaire : « Ego P Pelicier de Trullars lego operi sancti Vicenti de Furchi II solidos ». Le 9 Octobre 1421, Bernard Corp, prêtre, lègue 5 sous à la même chapelle : « Ego Bernanrdus Corp prébister lego a la iglesia de Sant Vicens de loc de Forques V solidos » ; les donations continuent aux siècles suivants.

Sant Vicens FOURQUES
Des personnes pieuses, déposent même dans le sanctuaire, de longs et minces cierges de cire enroulés en forme de tourteaux. « Toram cere ».
Il fallait en allumer une partie, pendant l’élévation, chaque fois qu’une messe était célébrée dans la chapelle.

Celle-ci depuis la révolution, n’est qu’une ruine. Sera-t-elle relevée dans un avenir prochain? Il faut l’espérer.

L'ENTREE DU VILLAGE

A l'entrée, il y avait 2 routes qui se rejoignaient : Celle de TROUILLAS et TERRATS à laquelle venait s'ajouter celle de PASSA.
Sur celle ci, à la place du caveau viticole, il y avait un lavoir couvert où les femmes lavaient leur linge. On l'appelait le " bassi nou ".
Il existait un autre lavoir plus ancien qui se trouvait à peu près à un kilomètre du village. On l'appelait " le riu majou ". C'était une source naturelle.
A l'embranchement des deux routes dont j'ai parlé plus haut, il y avait la cave de Marcel MARTY, là où il y a maintenant le lotissement. Il y avait une grande fenêtre par où on faisait passer les raisins pendant les vendanges et où on s'asseyait sur le grand rebord, filles et garçons pour bavarder ensemble.

La maison de Marinette SOLA existait déjà.
Là où il y avait le mécanicien, il y avait une vieille maison.
Plus haut, du coté gauche, çà n'a guère changé. La maison d'Alice PALMER, les grandes caves, la grande grille de Mme ASTOR y étaient aussi.
Mais du coté droit, un grand talus au bord de la route, puis au-dessus, des vignes. Le foyer rural, la poste, le lotissement Dr MASSINA n'existaient pas.
Le village reprenait à la maison de PUJOL, qui avait servi tour à tour de poste et ensuite de foyer rural. Le long de la route, les maisons ont refait leur façade, mais ce sont toujours les mêmes. J'ai oublié de dire que devant la nouvelle poste, il y avait un grand pylône avec une fontaine.

Chez Roger et Giselle PUJOL, il y avait un grand café avec une grande vitrine, une grande salle, une de plus petite et derrière une autre grande salle vitrée où avait lieu le cinéma deux fois par semaine.

DES ECOLES AUX DEUX ROUTES

Jusqu'aux écoles, à part les façades des maisons, rien n'a changé. Pas de bureau de tabac, ni coiffeuse, mais la pharmacie y était déjà avec un pharmacien qui n'était pas très commode.

Par contre, les écoles ont bien évolué. A l'époque, pas de cours goudronnées, mais des platanes dans la cour autour desquels on jouait aux quatre coins, un bassin

L'intérieur était peint, le sol en parquet que Victoire ROUSTANY balayait tous les soirs en arrosant d'abord avec une cruche pour ne pas faire trop de poussière.
Elle faisait aussi les " crides ", publications, à chaque coin de rue pour annoncer la venue de marchands sur la place ou autres communications.
Ensuite jusqu'aux 2 routes, c'est à dire jusqu'à la fin du village, il y a des maisons qui ont été construites plus tard. Il y en avait qui existaient déjà, et quelques terrains vagues dans lesquels on allait s'amuser. Sur la gauche c'était des vignes.

LE CARRER GRAN

Je vais vous parler maintenant du " carrer gran ". Quand on voit la belle boucherie PARES " Chez Roger ". Son père était également boucher.
Il y avait une toute petite boucherie avec l'entrée coté place. Coté " carrer gran " une sorte de garage où on tuait les cochons, les agneaux, les moutons, les volailles, les bœufs etc.…
Que de cris nous avons pu entendre quand on tuait ces pauvres bêtes. On allait porter un plat avec de l'ail et du persil, on nous remplissait ce plat avec du sang (la sanguette). On la faisait ensuite cuire à la poêle, comme c'était bon !

La boulangerie était située au même endroit. La devanture n'était pas si moderne, la mercerie n'existait pas.
Par contre, il y avait une petite épicerie toute vieille. L'entrée était dans la rue des quatre cantous tenue par une dame qu'on appelait Madeleine d'en POUNS. Elle était grande Mina, tout habillée en noir avec un " moucadou " noir sur la tête comme presque toutes les femmes de ce temps là, car on portait le deuil pendant longtemps des parents, des oncles, tantes, nièces. Ce qui faisait que beaucoup de femmes ne portaient des robes de couleur.

Plus haut, une autre épicerie qui fut plus tard la boucherie Georges PARE. C'est ses grands-parents qui tenaient ce commerce.

Presque en face du presbytère qui a été rénové depuis, la tante Catherine MACABIES vendait des tissus et l'oncle Potte allait dans les villages avec une sorte de roulotte avec le cheval qui la tirait, vendre des tissus, des pantalons, vestes de travail etc.

L'EGLISE ET LA PLACE

J'ai connu plusieurs curés, principalement le curé BERDAGUER qui avait de grosses verrues sur la tête et surtout l'abbé CALVET avec qui j'ai fait ma première communion.
Il était jeune et très beau, il portait une soutane, mais parfois on apercevait ses pantalons de golf. Il allait à la chasse avec le pharmacien. Il possédait une voiture dans laquelle il nous faisait monter avant de rentrer au garage. Pour nous c'était un plaisir car on n'était jamais allé en voiture. Toutes les jeunes filles étaient amoureuses de lui.

A l'époque, il y avait une messe très tôt chaque matin, le dimanche l'office à 11 heures et vêpres l'après midi. Il y avait un chœur de chant avec un harmonium, l'église était toujours pleine. Il y avait aussi une messe une fois par semaine, le soir.
Pour le mois de Marie, mois de mai, il y avait tous les soirs pendant 30 jours une messe qu'on appelait " couplêtes ". Les gens étaient plus croyants qu'aujourd'hui.

J'ai parlé de l'église. Elle n'avait pas encore été restaurée. A l'intérieur, il y avait de nombreuses statues : Ste Thérèse, St Michel archange, St Antoine de Padoue, ND de Lourdes, etc.… Elle était bien plus belle qu'aujourd'hui où on ne voit que les murs nus.
J'oubliais de dire qu'il y avait aussi un très beau chemin de croix.

La place de l'église (al cementeri veil) était affublée d'une sorte de garage qu'on appelait " Le casino " (Je me demande pourquoi ?). Dedans, il y avait le corbillard.
La place servait de dépôt de gravier, les gens y vidaient les ordures dans un coin. Y stationnaient des roulottes de gitans de passage qui rempaillaient des chaises, rétamaient les cuillères et les fourchettes, aiguisaient les couteaux, et de temps à autre, en été, des petits cirques venaient donner une soirée en plein air.
J'avais même vu un cinéma ambulant sur cette place.

DE L'EGLISE AUX DEUX ROUTES

Il y avait au coin de chez RASPAUD, une agouille où coulait de l'eau sale qui allait jusqu'à la route de LLAURO et un monument en pierre assez haut avec une croix en façade que l'on appelait la " missiou ".
La rue continuait jusqu'aux deux routes, c'est à dire jusqu'à la route de LLAURO. Il y avait quelques maisons, mais aussi des terrains vagues dont j'ai déjà parlé, et des vignes. Le cimetière se trouve au même endroit même s'il s'est agrandi.

LE PRE COMMUNAL

Les deux routes étaient le lieu de promenade. On y faisait les feux de la St Jean, mais c'était plutôt sur la route de TROUILLAS où il y avait un pré communal à coté du pont.
Ce pré se trouvait en bordure du REART et il y avait un petit chemin sous les chênes, les platanes, les bambous et les noisetiers qui conduisait au lavoir du " Riu majou " source d'eau fraîche. Ce petit chemin longeait la rivière où coulait une eau claire.
C'est dans ce pré que se réunissait toute la jeunesse du village et même des villages avoisinants.

LES RUES, ABREUVOIRS ET BANCS DE PIERRE

De quoi vais-je parler maintenant ? Des petites rues ?
FOURQUES doit dater de longtemps car il possède un labyrinthe de petites rues étroites, des coins et recoins qui étaient très bien à mon époque pour les amoureux le soir qui se retrouvaient dans l'embrasure d'une porte et échangeaient de baisers, se serraient l'un contre l'autre, se disaient des mots doux.
En ce temps là, il n'était pas question de coucher avec un garçon. On se retrouvait le dimanche pour danser ensemble. Comme c'était charmant ! Il y avait aussi des abreuvoirs : Un devant l'école, un autre devant la mairie, un également devant la maison de Christian SANCHEZ, juste en face de la route de MONTAURIOL.
Il y avait aussi des bancs de pierre dans certaines rues : Deux en face la mairie, un devant chez Yvonne OLIVERAS, un autre devant la maison de CABARIBERE, et un très long devant l'église.

LE CHATEAU

 

 

Je dois aussi parler du château fort : Une porte à l'entrée, une rue qui faisait tout le tour du château (à l'intérieur bien sur) avec une place et un puits, les grandes murailles et une petite rue transversale où il y avait un autre puits dans lequel la légende disait qu'au temps des seigneurs on jetait les gens dedans.
Il y a un tour de ronde qui existe toujours et un grand trou par où s'écoulaient les eaux de ruissellement qui se déversaient dans un grand bassin vers la "font del terrer ".

 

 

 


LA PLACE DE LA MAIRIE

Sur la place de la mairie, devant le château, il y avait une fontaine avec une manivelle, une sorte de roue en fer qu'il fallait faire tourner pour puiser l'eau.
A coté, une " pile", sorte de bassin où dans le temps les gens discutaient en attendant leur tour. Les jeunes hommes n'hésitaient pas à aller remplir la cruche ou le seau pour rencontrer les filles, pour leur faire la cour ou simplement la causette. Il y avait à coté deux platanes.

C'est sur cette place qu'avaient lieu les fêtes et les danses, même pour la St Martin qui est pourtant le 11 Novembre.
Les gens âgés étaient assis autour de la piste et les musiciens sur une estrade. Je ne sais s'ils craignaient moins le froid que maintenant. Ils n'étaient pas habitués aux maisons chauffées. Une seule cheminée était allumée dans la cuisine et les chambres étaient glaciales. Mais c'était peut-être à cause de "l'estiu de san Marti".

La place était décorée ce jour là de guirlandes et de verdure. Les soirs d'été, les enfants se réunissaient sur cette place, il y en avait au moins une quarantaine qui jouaient à " pompon les carillons, la marelle, un deux trois la chasse, des rondes, à la corde et d'autres jeux dont je n'ai pas souvenance. Comme le village était gai à notre époque !

LES ALENTOURS

Par contre, les alentours du village étaient sales. Les vignes qui l'entouraient étaient pleines d'excréments humains. Il n'y avait pas de WC dans les maisons et certains endroits : la Cararade par exemple était une vraie décharge. Les ordures ménagères d'abord, les femmes venaient ensuite tous les matins vider les seaux hygiéniques pleins de selles et pipi.

LES CHEVAUX

Tout à coup, je me rappelle des chevaux. Je ne me souviens pas du nombre de chevaux dans tout le village, mais je sais que rien que dans ma rue, il y en avait cinq.
Avec les tracteurs, ils ont peu à peu disparu. Le dernier à été celui d'Henri OLIVERAS. Il y avait aussi quatre troupeaux de moutons.
Avec tout ça, les rues qui n'étaient pas encore goudronnées n'étaient pas bien propres, mais chacun y mettait du sien, et tous les matins les femmes balayaient et arrosaient. Ce n'était pas la mairie qui s'occupait du nettoyage.

L'EAU

Il n'y avait pas non plus l'eau courante dans les maisons, et comme je l'ai dit plus haut, on allait chercher l'eau aux fontaines qu'il y avait dans presque chaque coin de rue.
Il n'y avait pas non plus de réfrigérateur, et en été, pour avoir de l'eau fraîche pour boire, on allait, le soir, avant le souper avec une cruche la chercher à la " fount dal tarré ". Elle était bonne et avait un goût spécifique.

D'autres personnes allaient "al pou dal bénéfici", qui se trouvait au centre du village, chercher un seau d'eau très fraîche dans lequel ils plongeaient les bouteilles de vin ou d'eau pour boire frais au repas du soir.

Dans la nature, au milieu des vignes, deux chapelles : La chapelle St Sébastien se trouve au milieu d'un pré entouré d'oliviers. A l'intérieur, devant l'autel, la statue du saint percé de flèches. Les messes avaient lieu chaque année le 20 janvier pour les fêtes de St Sébastien et le lundi de Pâques.

L'autre chapelle s 'appelle San Vicens qui se trouve au sommet de "riu majou". Elle date de l'an 800. On parlait de la restaurer, mais ça n'a jamais été fait.

 

 

LES FETES

Les fêtes, il faut que j'en parle aussi. La principale était la St Martin, puis la St Sébastien, et le dimanche et le lundi de Pâques, la fête de la société " la fourcatine ".

Dans toutes les maisons, on avait beaucoup d'invités qui mangeaient et dormaient chez les familles ou les amis, puis à notre tour, on allait aux fêtes de leurs villages.
Pour la saint Martin, il y avait des manèges, des autos tamponneuses, des tirs etc., les danses l'après-midi et le soir, et aussi un concert de musique classique au café.

On dansait la danse du balai, du tapis, la farandole. On était une cinquantaine, main dans la main, filles et garçons.
Le garde champêtre, " an DAIDé ", menait la farandole, on parcourait les rues du village en chantant et on revenait sur la place où couple par couple on s'embrassait.

Pour le carnaval, on s'amusait beaucoup. Vieux et jeunes se déguisaient.
On cherchait à reconnaître les gens masqués. C'était difficile. Il y avait un bal et ensuite on brûlait le Carnaval, colosse de trois mètres de hauteur, fabriqué avec des sacs bourrés de paille, auxquels on avait donné la forme d'une tête, de bras de jambes.
On allumait un grand feu et le pauvre Carnaval finissait en cendres.

Tout autour, dans une grande ronde, on chantait : " Al Carnaval es mort, tire baillanes dins dal clot ". Bien sur j'oubliais le 14 juillet avec ses feux d'artifice et ses danses sur la place publique.
A l'époque tout le monde dansait, la place était pleine de danseurs.

Je termine car je n'ai plus d'idées.
Que pourrais-je ajouter de plus ? Que j'aime mon village même si je l'ai quitté et que je garde au fond de moi des souvenirs inoubliables de mon enfance et de ma jeunesse passée dans ce petit village des ASPRES.

Vive FOURQUES, vive le pays Catalan. 1999 - Raymonde MIRA

 

La population de FOURQUES a de tout temps été la plus nombreuse en comparaison des villages alentours.
Elle est le produit de renouvellements constants : la population catalane, même si elle conserve son vieux fond immémorial, est à travers l'histoire le résultat de la fusion avec des apports divers.
Au Moyen Age et jusqu'au XIXe, l'apport nettement majoritaire est appelé " gavatx " ou " francès ", il vient des régions occitanes voisines (LANGUEDOC, GASCOGNE) du " regne de França ", le royaume de FRANCE, auquel notre partie de CATALOGNE n'appartient pas avant les traités de 1659-1660.

Jusqu'à la formation des départements en 1789-1790, alors que la nouvelle " province du ROUSSILLON" est gouvernée par la monarchie française comme une " province étrangère ", les nouveaux arrivants, main d'œuvre nécessaire depuis le XIVe siècle dans une CATALOGNE pauvre en hommes, sont désignés comme " étrangers venant du royaume de FRANCE ".

LES HABITANTS DE FOURQUES EN 1947

On remarquera que la plupart du temps au cours de l'histoire les habitants de TORDERES ont été recensés avec ceux de FOURQUES, certainement car la paroisse voisine était peu peuplée et que souvent ses habitants et en particulier ceux des mas importants (mas NOE, mas CARBASSA d'Amunt -actuel mas du Cap Blanc [restaurant la Costella] dit aussi d'en XILE [prononcer 'chile' du nom d'un des anciens propriétaires, Achille CARBASSE], mas CARBASSA d'Avall -actuel mas d'en VILA ou la Chênaie-, la Teuleria -actuel mas CARBASSE) venaient baptiser leur progéniture à FOURQUES.

Il faut ajouter la liste des chefs de famille qui suit comme celles de 1515 et 1553 sont des fogatges, des listes d'imposition payée par foyer ou feu (foc).
Ce foyer fiscal est variable : selon les époques et les lieux, il peut varier de 2 à 7.
On peut tenter une multiplication par 3 pour avoir une idée mais il faut rester prudent avec ce genre de coefficient.
On pourrait alors évoquer le nombre de 120-140 habitants pour notre village (en y incluant une trentaine de Torderencs) en cette fin de XVe siècle.

 

Notre monarque est alors Ferdinand le Catholique, en tant que comte de ROUSSILLON, prince de CATALOGNE, qui porte la couronne catalano-aragonaise de 1479 à 1516.
Il est aussi roi de CASTILLE par son mariage avec Isabelle la Catholique, mais l'union ne signifiait nullement l'unité des deux couronnes.
La preuve en est qu'en 1504 à la mort de son épouse, c'est leur fille qui lui succède pour les terres castillanes et que lui se met à la recherche d'un héritier pour ses propres domaines, CATALOGNE (dont le ROUSSILLON), ARAGON, VALENCE, NAPLES et SARDAIGNE.

LES NOMS DES FOURCATINS

La dénomination 'En' devant les noms correspond à l'article personnel pour les noms de personne. 'En' pour les hommes, 'Na' pour les femmes

Les femmes sont représentées car, à défaut d'hommes dans la famille ou parce qu'elles sont les héritières du patrimoine, elles peuvent être dans le droit catalan, chefs de famille.

Mossèn RAMON, prevere [prêtre] Mossèn GIRAUprevere [prêtre] En Martí LOBET En TALLAVIS (famille installée plutôt sur Passa) Bernat COSTA
Mersal COSTA Bernat MOMIR Na GABRIELA En Johan BONET Johan BRUGAT
Pere GITART Ramon OSSER Anthoni MARCH
Berenguer COSTA Gabriel MATHEU (certainement à l'origine du toponyme de Riu Matheu)
En PUJOL(n'a pas pour l'instant de rapport avéré avec les Pujol actuels car le patronyme disparait sur le village au XVIe siècle et ne réapparait que dans la première moitié du XVIIe siècle en relation avec les Pujol de Corneilla de la Rivière) En Guillem TERRATS (n'a pas pour l'instant de rapport avéré avec les Terrats actuels descendants des Terrats de Banyuls dels Aspres, où le patronyme est dejà là-bas au XVe siècle) Blasi HOER, del Mas (les Oer, Hoer ou Oher sont les ancêtre des Noé, Noher ou Noer, du mas Noé de Tordères où les descendants sont encore présents. Il faut interpréter Noé ou Noer avec l'adjonction de l'article personnel utilisé devant le nom de famille, En Oer > N'Oer > Noer > Noé, comme Nomdedéu vient de N'Homdedéu ou Naudelló vient de N'Audelló. Les Noé ont très souvent vécu davantage en relation avec Fourques qu'avec Tordères et ont indistinctement été " de Fourques " ou " de Tordères ") Pere CARBONELL(la famille Carbonell est à l'origine du Mas d'en Carbonell, aujourd'hui disparu, mais dont il reste le toponyme dans le cadastre) En CURRUBI (famille certainement en parenté avec les Cubri plus tard Coubris)
En BASCO En Pere VILAR Jaume Pere BERNAT Guillem REIG Delmau MORERA
Raphel CARBONELL En BARRAL Pere PAU Mestre HUGUET
Na OHERAvídua [veuve] del Mas [NOER ou NOE] Steva MARTI, de Torderas La vídua GITARDA Bernat TEXIDOR
Johan BOLLO
En Jaume BASCO MIQUEL En BARRERA En CAMP Na BASCONA
Na BUNDA En JULIA
Anthoni GITARD

 

LES HABITANTS DE FOURQUES ET TORDERES EN 1515

Moins de vingt ans plus tard, on établit une nouvelle liste.
On y voit comme dans toute la CATALOGNE à l'époque que la population a baissé, conséquence des problèmes politiques (affrontements latents de la population avec les seigneurs et la monarchie, sur la frontière avec la FRANCE, etc.), économiques (conséquences d'une seconde moitié de XVe siècle peu florissante) et démographiques (épidémies récurrentes). La baisse sera encore plus sensible en 1553.

Madona, comme traitement de courtoisie, correspondrait pour les femmes à 'madame', une appellation que l'on donnait souvent, hormis les nobles, aux femmes d'artisans, aux riches paysannes ou aux veuves.
Le signe * renvoie à des individus ou des patronymes déjà cités en 1497

Mossèn Joan SURAprevere [prêtre] Mossèn GAUCELM, beneficiat [bénéficier] Mossèn GUILLEM, sagristà [sacristain] Mossèn GUILLEM, beneficiat [bénéficier] En BURGAT*
Miquel PUIG En PARONA En MARCH* En Joan COSTA Jaume CORRUBI*
Guillem TERRATS Galceran VALLS En VILAR* En CARBONELL* En NOGUROLES
En BOQUER En Guillem EXART En CARRADA En Joan DEPER En Marçal COSTA*
Bernat COSTA* Gabriel MATEU* Lo render d'en LOBET[le fermier de L.] Joan ORIOL Pere GUITARD*
Madona Paula, vídua Joan BARRAL* Ramon JULIA* En LANDES Miquel BASCO* Joan HOER*
Jaume HOER* Joan MARTI*, de Torderes Joan GUITARD* Miquel TEXIDOR* BASCO*, de Torderes
Joan MOLO Mestre PERElo ferrer [le forgeron]

FOURQUES VILLAGE CONSERVE SON IMPORTANCE

En 1515, diminution des populations de FOURQUES et des villages voisins:

FOURQUES 38 feux (-5) LLAURO 8 feux (-1) MONTAURIOL 3 feux (-3) PONTEILLA 18 feux (-4) TROUILLAS 22 feux (+4) THUIR 158 feux (-2)
VIILEMOLAQUE 10 feux (-1) PASSA 16 feux (-2) TRESSERE 13 feux (-4) TERRATS10 feux (-1) LLUPIA 11 feux (+1)

 

LES HABITANTS DE FOURQUES EN 1553

Le fogatge de 1553 a longtemps été le plus utilisé par les historiens et les démographes car il apparait comme le plus fiable dans sa globalité.
Il démontre la nette baisse de la population catalane dans la première moitié du XVIe siècle, à cause de l'accentuation des raisons évoquées plus haut.

Notre souverain est alors CHARLES QUINT, toujours bien entendu en tant comte de BARCELONE, de ROUSSILLON et CERDAGNE, même s'il est aussi roi d'ARAGON, de VALENCE, de NAPLES et de SARDAIGNE pour les terres de la couronne catalane et encore roi de CASTILLE, empereur germanique, prince des PAYS-BAS, duc de BOUGOGNE, seigneur du Nouveau Monde, etc.
On voit apparaître des nouvelles familles qui feront souche, COMPTA, PONS, etc. Le signe * renvoie à des individus ou des patronymes déjà cités en 1497.

" A XXVIII de juliol any predit MDLIII davant dits fogajadors, comparegueren Guillem VILAR y Joan CARBONELL cònsols del loch de FORQUES y migensant jurament, sagrament y homenatge e hoÿda sentència de excomunicatió, denuntiaren los fochs següents de dit loch, com apar en lo libre dels fogatjes, en cartes 613.3

Le 28 juillet de l'an susdit 1553 devant nous, officiers recenseurs, ont comparu Guillem VILAR et Joan CARBONELL, consuls du lieu de FORQUES et sous serment, sacrement et hommage [prêtés] et entendue la sentence d'excommunication ont dénoncé les feux suivants dudit lieu, comme celui-ci apparait dans le livre des fogatges, à la page 61.

Forques Eclesiàstichs Mossèn Bernat ALBERT, arrendador Mossèn Huch RAMON, arrendador Laychs Jaume COMPTE, batlle [représentant du seigneur] (semble être originaire des COMTA du Riberal, CORNEILLA et ILLE, arrivés sur FOURQUES dans la première moitié du XVIe) Guillem VILAR*, cònsol comparent Joan CARBONELLl*, cònsol comparent [consul élu pour un any par l'assemblée des chefs de famille, appelée la universitat] Berthomeu PUIG* Andreu GUITART* Arnau PONS (semble être originaire du courant migratoire occitan et être arrivé sur FOURQUES dans la première moitié du XVIe).

A l'origine des nombreux PONS qui habiteront FOURQUES jusqu'à aujourd'hui) Joan COSTA* Jaume COSTA* Bertran FARDURA Joan FARRER* (est-il à mettre en relation avec 'lo ferrer', le forgeron cité en 1515).
Les nombreux FERRER que l'on trouvera au XVIIe siècle et jusqu'à aujourd'hui semblent être descendants des FERRER de MONTESQUIEU, arrivés sur FOURQUES fin XVIe) Gabriel MATHEU* Joan CARUBI* Joan GALCERAN* Francesch REIG* Joan VIDAL Guillem TAPIES La viuda JULIANA* Joan HOER* Joan TEXIDOR* Berthomeu GUITART* Na DAMIANA Torderes 20 laychs, 19 nets "

OURQUES 23 feux (-15) LLAURO 5 feux (-3) MONTAURIOL 3 feux (=) PONTEILLA 12 feux (-6) TROUILLAS 16 feux (-6) THUIR 94 feux (-64)
VIILEMOLAQUE 3 feux (-7) PASSA 14 feux (-2) TRESSERE 12 feux (-1) TERRATS 7 feux (-3) LLUPIA 7 feux (-4)

Période du mandat

Depuis mars 2020 

De 2008 à mars 2020

De 1989 à 2008

De 1982 à 1989

De 1947 à 1982

De 1944 à 1947

Élu en 1944

De 1935 à 1944

De 1919 à 1935

De 1908 à 1919

De 1900 à 1908

De 1892 à 1900

De 1889 à 1892

De 1888 à 1889

De 1885 à 1888

De 1881 à 1885

De 1878 à 1881

De 1877 à 1878

De 1876 à 1877

De 1871 à 1876

Élu en 1871

De 1870 à 1871

De 1858 à 1870

De 1848 à 1858

De 1845 à 1848

De 1840 à 1845

De 1837 à 1840

De 1835 à 1837

Élu en 1835

De 1831 à 1835

De 1830 à 1831

De 1821 à 1830

Élu en 1821

De 1815 à 1821

Élu en 1815

Maire de Fourques

Mme Fabienne SEVILLA

M. Jean Luc PUJOL

M. Maurice PEYTAVI

M. Moïse CONTRAIRE

M. Sébastien TARDIEU

M. Georges TARDIEU

M. Henri MERCADER

M. Paul FERRER

M. Sébastien TARDIEU

M. Joseph RASPAUD

M. François MASSINA ROCA

M. Joseph PACOUIL

M. Joseph BAUS

M.Étienne RIBES

M. Joseph BOSCH LLAURO

M. Joseph CAPDET REYNAL

M. Pierre ASTORT PONS

M. Joseph PONS TORRENT

M. Joseph FOUCHÉ

M.Hilaire PUJOL PONS

M. Joseph PONS TORRENT

M. Joseph CAPDET NOELL

M. Joseph PONS TORRENT

M. Joseph PONS GRANGER

M.Hilaire PUJOL PONS

M. Joseph ROCA TRESCASES

M. Joseph NOË PONS

M. Joseph PONS GRANGER

M. Paul ROCA

M. Philippe FOUCHÉ

M. Paul ROCA

M. Joseph PONS GRANGER

M. Joseph CAPDET

M. Bonaventure NOË

M. ROCA

Joseph GIBRAT – Publié dans Revue catalane N°7 du 15 Juillet 1907